Les virus respiratoires autres que la COVID en forte hausse au Québec

Les virus respiratoires autres que le coronavirus sont beaucoup plus présents au Québec depuis le relâchement des mesures sanitaires. C’est le constat observé par le microbiologiste infectiologue au CHU de Québec, le Dr Guy Boivin.

Durant la troisième vague de la pandémie, à la fin du mois de mars dernier, le coronavirus de la COVID-19 représentait 99,7 % des virus isolés en laboratoire. Tous les autres virus respiratoires combinés représentaient donc seulement 0,3 % du total.Les partisans du Canadien étaient nombreux à l'extérieur du Centre Bell.
© Ivanoh Demers/Radio-Canada Les partisans du Canadien étaient nombreux à l’extérieur du Centre Bell.

Or, la donne a beaucoup changé depuis le retour des rassemblements, la possibilité de retirer son masque sous certaines conditions et la distanciation physique à un mètre plutôt qu’à deux.

Le dernier rapport qu’on a du laboratoire de la santé publique du Québec, qui date du 20 juillet, démontre que les virus respiratoires autres que la COVID prennent du terrain. On est rendus maintenant à 25 % des détections», illustre le Dr Boivin.

Le retour de l’influenza

Ces virus incluent notamment l’influenza, qui visiblement, ne sera pas absente de la province cet été, contrairement à l’an dernier.

Normalement, ces virus respiratoires, on ne les voit pas l’été. Là, on commence à les voir. D’après moi, ça témoigne d’un certain relâchement des mesures sanitaires, malheureusement, qui permet à ces virus de s’expandre. C’est inquiétant un petit peu, d’autant plus que le Delta est à nos portes», souligne le microbiologiste.

© Phil Noble/Reuters Un passant devant une illustration du coronavirus, en Grande-Bretagne.

Variant Delta

Le variant Delta est bien présent au Québec, mais beaucoup moins qu’ailleurs dans le monde, comme en France, en Angleterre ou en Inde, où il se propage très rapidement. 

Ce variant gagne du terrain aussi en Ontario. Il est associé à 88 % des nouvelles infections au coronavirus dans cette province, alors qu’il génère uniquement entre 5 et 7 % des infections au Québec.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la moins grande présence du variant Delta au Québec, dont les mesures sanitaires plus restrictives et l’efficacité de la campagne de vaccination.

Nouveau variant au Québec

Des chercheurs émettent aussi l’hypothèse que la présence d’un autre nouveau variant au Québec, le A.2.5, ralentit la progression du variant Delta.

Ces deux variants partagent une mutation commune.

C’est un variant qu’on voit apparaître sur nos radars, qui a la mutation 452R. Cette mutation est partagée par le variant Delta. Elle est connue pour augmenter la transmissibilité, mais c’est la seule mutation d’importance que le variant A.2.5 a. Il n’est pas classé comme préoccupant», explique le microbiologiste en chef du laboratoire de santé publique du Québec, le Dr Michel Roger.

On a des renseignements fragmentaires jusqu’à maintenant sur ce variant-là. Il est retrouvé à peu près à la même fréquence que le variant Delta au Québec. On n’a pas encore de données quant à sa transmission et à la protection vaccinale», ajoute le Dr Guy Boivin.

Les experts s’entendent pour dire que le variant Delta devrait s’implanter au Québec et devancer les autres variants identifiés jusqu’à maintenant, parce qu’il est le mieux adapté.

Source

Recevez un sommaire des informations essentielles à retenir sur le coronavirus au Québec en vous abonnant à notre infolettre.