Le nouveau variant Lambda au Québec : voici ce qu’il faut savoir

Une vingtaine de personnes auraient contracté le variant Lambda de la COVID-19 au Québec, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Faut-il en avoir peur?

Afin de tout comprendre sur cette nouvelle mutation de la COVID-19, nous avons posé quelques questions à Benoit Barbeau, virologue et professeur au Département de sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal. En gros, il nous a expliqué que la mutation est «inquiétante», mais son impact dépendra surtout de la rapidité de la campagne de vaccination. 

Où retrouve-t-on ce variant?  

Classé le 14 juin par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en tant que «variant présentant un intérêt», le variant Lambda a été repéré dans les rues du Pérou en décembre 2020. Aujourd’hui, il représente 80% des nouvelles infections de ce pays d’Amérique du Sud, selon l’OMS.  

La menace qu’il représente est toutefois mondiale : il se retrouve dans 30 pays à travers le monde et menace particulièrement le Royaume-Uni, qui combat déjà le variant Delta.  

Au Québec, 27 personnes auraient contracté ce variant entre le 11 mars et le 5 mai 2021, selon les données de l’INSPQ.

«On peut s’attendre à ce qu’il devienne un variant dominant. Reste à voir à quel point il va supplanter les variants actuels, comme le Delta», se questionne Benoit Barbeau. Selon lui, ce dernier continue d’être une menace plus significative.  

En quoi est-il inquiétant?  

Difficile pour le moment de dire si le variant Lambda résiste davantage que les autres aux vaccins.

Il reste plusieurs informations à confirmer, mais globalement, le Lambda pourrait infecter les personnes plus facilement que les autres variants. Difficile pour le moment de savoir s’il est plus transmissible ou plus difficile à combattre pour notre corps.

«Certains changements détectés [dans sa composition génétique] augmentent sa capacité d’infecter», remarque Benoit Barbeau. Il explique que le variant Lambda a une adhésion plus forte aux cellules de notre corps que le virus d’origine, ce qui augmente sa disposition à infecter.  

«Si on le compare à d’autres variants, on n’est pas apte [à ce jour] à savoir s’il est plus transmissible ou moins facilement neutralisable», nuance le spécialiste. Il ajoute que, de façon générale, les variants ont une capacité de propagation plus élevée.  

Il pourrait aussi être plus résistant au vaccin.

«Les changements [génétiques] sont quand même assez différents de ceux auxquels on s’est habitué dans les autres variants», ce qui pourrait complexifier le déroulement de la campagne vaccinale, se désole le virologue. Une étude non-publiée à ce jour démontre d’ailleurs que la vaccination serait moins efficace contre ce variant, relate-t-il.  

La vaccination reste-elle efficace?  

Se faire vacciner est la meilleure façon de lutter contre les variants, selon les experts.

Benoit Barbeau insiste que la vaccination demeure essentielle : elle contribue fortement à diminuer les symptômes et les risques d’hospitalisation, rappelle-t-il. «Face à tous ces variants, il faut se rappeler que la vaccination demeure notre meilleure arme», tranche le spécialiste. Surtout, il affirme que «la vaccination doit être maximale pour limiter la propagation des variants».  

Le virologue en est certain, des variants vont continuer de surgir. Il conseille alors de s’y habituer, tout en étant (pleinement) vacciné! Il espère que l’accélération de la vaccination permettra d’éviter une quatrième vague dommageable à l’automne. Pour augmenter le rythme de la vaccination, le gouvernement du Québec permet depuis mardi à la population d’obtenir sa deuxième dose après 4 semaines au lieu de 8 semaines. 

Doit-on penser à une troisième dose?  

Chaque nouveau variant rend plus probable la possibilité d’une troisième dose afin de se protéger de la COVID-19, croit le virologue. Avant d’en arriver là, il espère qu’on mettra en place une logistique de vaccination globale. «Cette idée de troisième dose doit refléter notre désir que la vaccination soit mondiale», pense-t-il.  

Rappelons que l’accès aux vaccins n’est pas le même partout sur la planète : les habitants de pays plus pauvres ont généralement beaucoup moins accès aux doses.  

Le variant Epsilon est-il préoccupant?  

Cette mutation a elle aussi été classée dans la catégorie «à surveiller» par l’OMS. Le variant Epsilon, détecté pour la première fois en Californie, aux États-Unis, en mars 2020, préoccupe moins M. Barbeau. «Les variations [génétiques] sont moins surprenantes que le variant Lambda» et il n’est pas aussi transmissible que ce dernier, rassure-t-il. 

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