La vaccination à l’auto est envisagée

Une solution idéale pour les personnes à mobilité réduite, selon des experts

Québec évalue la possibilité de créer des cliniques de vaccination à l’auto qui permettraient de faciliter la vie des personnes à mobilité réduite et de diminuer le risque de transmission des variants, selon des experts en santé publique.  

« Cette possibilité est étudiée », confirme au Journal Marie-Louise Harvey, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

La Géorgie, le Texas et l’Alabama sont parmi les endroits aux États-Unis où les citoyens peuvent déjà se faire vacciner derrière leur volant. 

Plus près de chez nous, en Ontario, le parc d’attractions Canada’s Wonderland ouvrira lundi une clinique de vaccination à l’auto dans son stationnement. Au Québec, des voix s’élèvent maintenant pour réclamer ce genre de site. 

Un maire veut sa clinique

Le maire de Pierrefonds-Roxboro à Montréal, Dimitrios Jim Beis, affirme qu’il demande aux autorités une clinique de vaccination à l’auto depuis plusieurs mois dans son arrondissement. 

« On a proposé plusieurs endroits chez nous pour donner des vaccins dans un drive-thru à l’auto. On est prêt à avoir ce genre de sites, mon équipe et moi. On le voit que ça se fait un peu partout dans le monde. On attend juste l’accord de la Santé publique pour le faire ici aussi », explique-t-il.

Selon lui, autoriser la vaccination derrière un volant permettrait à plus de personnes d’être immunisées contre la COVID-19. 

« Dans l’ouest de l’île, les cliniques sont déjà pleines. Ça nous permettrait de vacciner les gens à temps quand on aura plus de vaccins. Ça donne plus d’options aux gens qui ne veulent pas se présenter sur un site de vaccination intérieur. On veut juste faciliter le processus et prendre de l’avance », soutient le maire. 

Dimitrios Jim Beis souligne aussi que les vaccins à l’auto facilitent la vie aux personnes à mobilité réduite qui ont de la difficulté à se déplacer. Contacté à ce sujet, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal indique que « plusieurs options sont sur la table et qu’il évalue chacune d’entre elles avec attention ». 

Moins de contaminations ?  

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM), voit d’un œil positif la vaccination au volant. 

« Si des asymptomatiques contagieux se présentaient dans un centre de vaccination intérieur, ils pourraient contaminer les vaccinateurs et les autres. Dans la voiture, il y a moins de chances qu’on contamine », certifie Mme Borgès Da Silva.  

L’épidémiologiste Nimâ Machouf est du même avis. Elle rappelle toutefois que ces cliniques ne seront pas une solution miraculeuse pour nous sauver contre la COVID-19. 

Les deux expertes soulignent que des processus devront être mis en place en cas de malaises chez les patients vaccinés dans un véhicule. Par exemple, chaque personne devra avoir un accompagnateur avec elle et attendre 15 minutes avant de quitter le site de vaccination. Le klaxon pourrait aussi être utilisé pour signaler une situation urgente. 

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