Le confinement aurait entraîné une hausse des troubles alimentaires chez les jeunes

Le nombre d’adolescents hospitalisés pour des troubles alimentaires était en hausse cet été à l’Hôpital Sainte-Justine, signale le Dr Olivier Jamoulle, pédiatre et chef de la section de médecine de l’adolescence de l’établissement.

En entrevue à Tout un matin, le médecin affirme que le confinement obligatoire du printemps a poussé plusieurs jeunes à adopter des comportements extrêmes mêlant l’excès d’activités physiques et un désir exacerbé de manger de façon plus saine, ce qui a entraîné pour certains des pertes de poids impressionnantes.

Pendant le confinement, on a eu un ralentissement un petit peu du nombre d’hospitalisations, et clairement, à partir de fin mai, début juin, il y a eu des demandes nettement accrues. Ça a presque doublé par rapport à la moyenne, dit-il.

Ça a été du jamais-vu dans la pratique à Sainte-Justine.Le Dr Olivier Jamoulle, pédiatre à l’Hôpital Sainte-Justine

M. Jamoulle indique que la plupart des adolescents n’ont pas adopté ce type de conduite, mais que bien qu’un nombre limité de ceux-ci soient concernés, le phénomène est notable.

Il s’est passé quelque chose.Le Dr Olivier Jamoulle, pédiatre à l’Hôpital Sainte-Justine

Habituellement nous avons cinq nouveaux cas par semaine dans la clinique de médecine de l’adolescence, et là, certaines semaines, on est monté à plus de dix patients, qui ont dû être hospitalisés pour la plupart, explique-t-il.

Des hospitalisations ont été rendues nécessaires puisque, en raison d’une trop grande perte de poids, les jeunes se retrouvaient notamment avec des signes vitaux altérés, par exemple un ralentissement de la fréquence cardiaque ou une baisse de la tension artérielle.

Après un été ultraoccupé, le Dr Jamoulle note que les consultations au sujet des troubles alimentaires ont diminué depuis quelques semaines. Il en attribue la cause au retour à l’école.

Les horaires, avoir une structure, semblent avoir aidé, suggère-t-il.

Le médecin ne se veut pas alarmiste, mais avertit les parents qu’avec le retour de certaines mesures de confinement, et advenant que d’autres, encore plus sévères, soient imposées, il serait bien qu’ils soient à l’affût des comportements excessifs de leurs enfants.

Tout est dans la modération. Ce n’est pas le moment pour un adolescent de changer une diète de façon drastique. Le sport c’est important, mais pas avec excès, lance-t-il.

Depuis le début de la pandémie, les experts remarquent une détérioration générale de la santé mentale dans la population.

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