La vérificatrice générale écorche la santé publique du Canada

La vérificatrice générale du Canada a sévèrement écorché le travail de l’Agence de la santé publique du Canada pour sa gestion de la quarantaine obligatoire et son manque de préparation pour faire face à la pandémie de COVID-19. 

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a peu vérifié au printemps dernier le respect des exigences de quarantaine (voir plus bas). L’organisme a ainsi « raté une occasion d’évaluer l’efficacité des mesures de quarantaine pour ce qui est de limiter la propagation du virus responsable de la COVID-19 », indique la vérificatrice générale Karen Hogan dans un rapport déposé jeudi. 

Les contrôles menés par l’ASPC pour s’assurer du respect de la quarantaine ont été limités pour toutes sortes de raisons, dont la désuétude de la technologie de prise de données et le manque de communication entre les agences fédérales.

Appelée à réagir, la ministre de la Santé, Patty Hajdu a indiqué que plus de 1000 fonctionnaires ont été embauchés à l’ASPC depuis un an pour prêter main-forte.

Mal préparée 

La VG s’est dite « découragée » que l’ASPC n’ait pas corrigé des lacunes datant de plusieurs années, et a pointé du doigt le manque de préparation de l’organisation pour faire face à une pandémie. 

L’Agence n’avait pas mis à jour ni testé ses plans d’intervention avant le début de la propagation du coronavirus. L’organi-sation a aussi utilisé des outils qui n’évaluaient pas le risque de pandémie, concluant de janvier à la mi-mars 2020 que la COVID-19 aurait des « conséquences minimales » au Canada.

La VG estime dans deux autres rapports qu’une tâche coûteuse et colossale attend le fédéral s’il souhaite récupérer l’argent versé en trop en vertu de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et la Subvention salariale d’urgence aux entreprises (SSUC), qui ont coûté 125 milliards $.

« À compter du printemps 2021, l’Agence du revenu devra s’appuyer sur des audits exhaustifs et coûteux pour recouvrer les sommes versées à des bénéficiaires inadmissibles », indique le rapport.

Ces deux programmes ont été mis en place à toute vapeur au début de la pandémie. Ottawa a misé sur la rapidité d’exécution, au détriment des contrôles. 

Mme Hogan ne remet pas en question cette décision, mais soutient que cette stratégie a un prix. 

La VG ne précise pas à combien s’élèvent les paiements en trop, mais estime que les paiements en double au titre de la PCU seulement avoisinent les 500 millions $.

DES MANQUEMENTS ÉVIDENTS 

Du 5 mai au 30 juin 2020

  • L’Agence de la santé publique du Canada ne savait pas si 66 % des voyageurs entrés au pays avaient respecté l’ordonnance de quarantaine.
  • L’Agence a communiqué à la police le nom de seulement 40 % des voyageurs dont elle n’était pas en mesure de confirmer qu’ils respectaient bien la quarantaine—. 
  • L’Agence n’a pas été informée des mesures de suivi prises pour 83 % de ces voyageurs signalés à la police. 

Du 31 mars au 30 juin 2020 

  • Seulement 58 % des voyageurs ayant des symptômes pouvant être associés à la COVID-19 ont reçu au moins un appel de l’Agence pour vérifier qu’ils respectaient bien la quarantaine.

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