Québec instaurera un passeport vaccinal début septembre

Dès septembre, Québec instituera l’utilisation d’une preuve vaccinale pour les personnes qui ont reçu deux doses de vaccin dans le but d’éviter un reconfinement généralisé si une quatrième vague de COVID-19 devait survenir à l’automne.

Selon le ministre de la Santé Christian Dubé qui en a fait l’annonce jeudi en conférence de presse, le recours à cette preuve pour permettre aux gens pleinement vaccinés d’accéder à des services et des activités n’aura lieu que si la situation épidémique le justifie dans un secteur d’activité ou un territoire donné.

En septembre, quand tout le monde aura eu le temps ou la possibilité de se faire vacciner, on va ajuster notre stratégie pour tenir compte de la vaccination qui va reposer en bonne partie sur l’utilisation d’un passeport vaccinal.Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Qui plus est, a ajouté Christian Dubé, si elle devait être utilisée, la preuve vaccinale n’empêcherait personne, vacciné ou non, de recevoir des services jugés essentiels. Seuls les activités et les services non essentiels pourraient être assujettis à sa présentation.

Le passeport va commencer à être utilisé seulement quand tout le monde aura eu la possibilité de recevoir deux doses, c’est-à-dire environ vers le 1er septembre, a précisé Christian Dubé.

Cette preuve vaccinale devrait prendre la forme d’un code QR transmis aux personnes pleinement vaccinées par voie électronique.

On ne veut pas faire revivre un confinement généralisé aux Québécois qui ont fait beaucoup d’efforts dans la dernière année, a écrit plus tôt le premier ministre François Legault sur Twitter, peu avant le point de presse.

Si la situation se dégrade, on ne pourra pas continuer de paralyser le réseau de la santé et les secteurs économiques alors que des personnes font le choix de ne pas se faire vacciner.Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Pour faire face à une éventuelle recrudescence des cas de COVID-19 à l’automne, Québec compte adopter une approche beaucoup plus ciblée pour contenir la propagation maintenant que des millions de vaccins sont disponibles et que tout est en place pour permettre à la population de les recevoir rapidement.

Fait à noter, les personnes de moins de 12 ans ne seront pas assujetties aux modalités du passeport vaccinal, a par ailleurs confirmé le bureau du ministre en après-midi. Seules les personnes aptes à se faire vacciner y seront soumises.

Questionné sur le niveau de contagion qui devra être atteint dans la population pour imposer la présentation du passeport vaccinal, le directeur national de santé publique du Québec Horacio Arruda n’a pas voulu avancer de taux. Il a cependant précisé que plus le niveau de couverture vaccinale à deux doses sera élevé, meilleures seront les chances d’éviter d’en arriver là, même en présence des variants, a-t-il ajouté.

Milieux et activités à risque

Ce qui signifie, explique le ministre de la Santé, qu’en cas d’une nouvelle flambée de la maladie, les milieux et activités jugés à risque, comme la pratique de sports de contact, les gyms, les bars, les restaurants ou les salles de spectacle, ne seront pas fermés. Leur accès sera plutôt conditionnel à la présentation d’un passeport vaccinal valide.

Le ministre présente cette nouvelle mesure non pas comme une restriction des libertés chez les récalcitrants à la vaccination, mais plutôt comme une manière d’éviter le confinement, la vaccination aidant.

Avec la vaccination, on a trouvé une alternative au confinement généralisé. […] C’est clair qu’en cas d’éclosion, les personnes qui sont adéquatement vaccinées vont avoir une situation plus normale.

Les personnes qui refusent de se faire vacciner, je l’ai souvent dit, c’est leur droit. Mais elles doivent savoir qu’en cas d’éclosion ou de transmission dans leur milieu, elles risquent de devoir s’isoler, de devoir se faire tester ou de ne pas avoir accès à certaines activités.Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Hier, M. Dubé a par ailleurs souligné sur Twitter que la COVID-19 touche actuellement presque essentiellement les personnes qui ne sont pas pleinement vaccinées

95 % des personnes qui ont eu la COVID-19 la semaine dernière n’étaient pas adéquatement vaccinées, a-t-il écrit. Même pourcentage pour les personnes hospitalisées. Tous les Québécois ont accès à la vaccination équitablement. Face aux variants, on doit se donner les moyens pour éviter les hospitalisations et un reconfinement.

Le casse-tête des 18-29 ans

Alors que la stratégie du gouvernement repose sur la vaccination du plus grand nombre possible de Québécois avant le retour de l’automne, les personnes de 18 à 29 ans tardent à se faire vacciner.

Selon les données de l’INSPQ, c’est actuellement le groupe d’âge le moins vacciné en pourcentage de la population. Alors que tous les autres groupes ont franchi depuis un moment déjà la barre du 70 % de première dose, seuls 68,1 % des 18 à 29 ans ont reçu à ce jour leur première dose de vaccin, tandis que 15,7 % ont achevé leur vaccination.

Je vous dis que ça commence à être urgent de vous faire donner votre première dose, si ce n’est pas fait en juillet. Si vous voulez être adéquatement vacciné au 1er septembre, ça commence à presser, a prévenu le ministre Dubé en s’adressant aux 18-29 ans. N’attendez pas de vous voir interdire l’accès aux bars ou à des activités qui sont importantes pour vous.

Rappelons que cette semaine, Québec a réduit de huit à quatre semaines l’intervalle recommandé entre l’administration de la première et de la deuxième dose de vaccin contre la COVID-19, ce qui doit accélérer encore la campagne de vaccination.

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