Québec appelé à en faire davantage pour les médias d’information

Leur avenir est en jeu, rappellent les membres de la Commission sur la culture et l’éducation.

Avec ou sans pandémie, les journaux, les stations de radio, les chaînes télévisées et leurs équivalents numériques demeurent fragiles, rappelle un nouveau rapport parlementaire, qui invite le gouvernement Legault à redoubler d’ardeur pour s’assurer de la survie d’une presse québécoise libre et indépendante.

Le document de 48 pages a été rendu public mardi. Il est issu du mandat d’initiative sur l’avenir des médias d’information que s’est donné la Commission sur la culture et l’éducation en mars 2019.

Le rapport – cautionné de manière unanime par tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, y compris la Coalition avenir Québec, majoritaire au Parlement – contient 20 recommandations.

Les deux premières stipulent que le gouvernement et les sociétés d’État augmentent les dépenses publicitaires investies dans les médias locaux, régionaux et nationaux et qu’ils leur réservent un pourcentage significatif de celles-ci.

Une autre préconise que Québec limite les investissements publicitaires des ministères et organismes publics dans “les géants du numérique”, soit les GAFA, à un pourcentage établi, qui n’est toutefois pas précisé.

Des voix discordantes

Isabelle Melançon en mêlée de presse.

Bien qu’elle ait signé le rapport final de la Commission, la députée Isabelle Melançon aurait voulu aller plus loin pour encadrer et régir les géants du web.

PHOTO : RADIO-CANADA / SYLVAIN ROY ROUSSEL

Le document présenté mardi suggère aussi que le gouvernement du Québec revendique, auprès du gouvernement fédéral, et en travaillant avec lui, la mise en place d’un nouveau régime fiscal visant entre autres les entreprises numériques étrangères, dont les GAFA.

Mais cette recommandation ne va pas assez loin au goût d’Isabelle Melançon, porte-parole libérale en matière de culture et de communications, qui a déploré qu’on se réfugie derrière le gouvernement fédéral, alors qu’on a cette capacité au Québec de taxer les géants du web.

La députée de Verdun demeure d’ailleurs sceptique par rapport à la volonté du gouvernement Trudeau qui, dans son énoncé économique de lundi, s’est engagé à taxer les revenus des géants du numérique à compter de janvier 2022. Chaque jour, c’est de l’argent qu’on perd, a-t-elle déploré.

Nous pouvions aller beaucoup plus loin quant aux géants du web.Isabelle Melançon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications

Ce sont de maudits bons pansements, a renchéri la députée de Québec solidaire Catherine Dorion à propos du rapport. Mais c’est loin de suffire. Les GAFA sont imbattables, ils vont ramasser le “cash” de toute façon.

Les oppositions auraient aussi souhaité que le crédit d’impôt de 25 % sur la masse salariale des salles de rédaction des médias écrits soit étendu aux salles de rédaction de stations de radio et de télévision.

Tout au plus le rapport recommande-t-il d’instaurer une veille stratégique pour permettre une exception dans les régions où les médias écrits sont absents.

De la publicité à la télévision communautaire?

D’autres recommandations font toutefois l’objet d’un soutien unanime des parlementaires.

L’une d’entre elles permettrait notamment aux télévisions communautaires de diffuser des messages publicitaires contre rémunération, ce qui leur est actuellement interdit.

Une autre demande au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation de s’assurer que les conseils municipaux permettent l’enregistrement et la diffusion de leurs séances et que celles-ci soient accessibles à des fins de reportage aux journalistes et employés des médias d’information écrits ou électroniques.

La ministre des Affaires municipales Andrée Laforest serait d’ailleurs ouverte à inclure cette disposition dans le projet de loi 67, dont l’adoption est imminente, a laissé entendre Isabelle Melançon.

Pour mener à terme ses travaux, la Commission a reçu 87 mémoires et entendu plus de 50 intervenants à Québec, Matane et Rouyn-Noranda.

Lors de son arrêt à Matane, la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent a notamment réclamé que la mission de Télé-Québec soit modifiée pour y intégrer la production et la diffusion d’informations régionales. Cette requête ne figure toutefois pas dans les recommandations finales du rapport.

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