Inquiets pour une proche privée de visite depuis 3 mois

Ils demandent que le gouvernement soit plus efficace pour accorder des visites.

Une famille de Montréal s’inquiète de voir la santé mentale d’une proche aînée en hébergement dépérir, puisqu’elle a été privée de visite pendant près de trois mois.

« Elle a toute sa tête… pour l’instant », souffle Nicole Proulx, à propos de sa belle-mère de 86 ans, hébergée en ressource intermédiaire (RI).

Son mari, Michel Proulx, et elle se font un sang d’encre. Ils parlent chaque jour au téléphone à l’aînée et voient d’inquiétants signes de dépression. Elle commence aussi à confondre ses rêves avec la réalité.

« Elle a été super bonne, mais là, elle a hâte de voir son monde […] Elle s’ennuie, elle a passé sa fête en confinement, Pâques, la fête des Mères », poursuit-elle.

Ils se démenaient depuis deux semaines pour avoir le droit de la visiter, mais grâce aux appels du Journal, vendredi, un rendez–vous a rapidement été trouvé mardi prochain à la RI Jardin de la Patrie, à Montréal.

Mais Mme Proulx estime que des centaines d’autres familles sont coincées dans la même situation. Elle espère que la santé publique en fera bientôt une priorité, en permettant plus efficacement aux familles d’aller réconforter des êtres chers en confinement. 

À quand leur tour ?

À la télévision, ils entendent parler de déconfinement pour les commerces, le camping et les activités sportives des enfants, par exemple, se demandant avec impatience quand leur tour viendra.

La famille n’a rien à reprocher aux soins offerts par la RI, où leur proche a été épargnée par la COVID-19. Mais sa santé mentale est aujourd’hui au cœur de leurs préoccupations.

La RI leur demandait d’avoir l’aval de la travailleuse sociale du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal pour une visite.

« Ça fait deux semaines que j’appelle tous les jours, deux à trois fois par jour », affirme M. Proulx, exaspéré.

« Écrivez dans votre article qu’on respecte les politiques gouvernementales », a répondu la directrice de l’établissement, avant de raccrocher la ligne.

L’établissement ne leur a pas proposé de visiter leur mère à l’extérieur, avec deux mètres de distance, par exemple. Selon leurs discussions, ils ne croient pas que l’octogénaire puisse même sortir de sa chambre sans balcon.

« Nous ne sommes pas des chialeux », assure Mme Proulx, qui craignait même des représailles sur sa belle-mère en dénonçant publiquement la situation. 

En congé et pas de suivi

Une porte-parole du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Séléna Champagne, estime qu’il est « dommage » que les Proulx aient vécu de tels délais. La travailleuse sociale devant s’occuper du dossier était en congé la semaine dernière et le suivi n’aurait vraisemblablement pas été fait.

Les premières visites de proches doivent être coordonnées par une travailleuse sociale pour recevoir une formation, précise Mme Champagne.

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