Gel, nez qui coule : comment adapter le port du masque pendant l’hiver

Des experts médicaux conseillent de ne pas se terrer à l’intérieur, où la COVID-19 se transmet beaucoup plus facilement. Emmitouflez-vous, masquez-vous si nécessaire, et sortez le plus possible.

Vous savez, si vous avez toujours pensé à vous mettre au ballon sur glace, c’est l’occasion, déclare le Dr Matthew Oughton, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général juif de Montréal et professeur adjoint à l’Université McGill.

Mais qu’en est-il des masques en hiver? Sont-ils efficaces s’ils sont mouillés? Avez-vous vraiment besoin de les porter à l’extérieur de toute façon?

Voici quelques conseils sur la meilleure façon de faire face aux prochains mois hivernaux de pandémie.

Mon masque sera-t-il efficace s’il est mouillé ou s’il gèle?

Probablement pas. Le Dr Oughton rappelle que, selon les responsables de Santé Canada et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis conviennent qu’une fois qu’un masque est mouillé, il n’est plus pleinement efficace.

Et c’est pourquoi vous devriez toujours avoir des masques de rechange.

Il n’existe pas de données scientifiques concrètes sur l’efficacité des masques par temps froid. Cependant, lorsque vous respirez à travers un masque par temps froid, l’humidité de votre haleine chaude s’accumule sur le masque.

Il a tendance à rester suffisamment chaud à l’intérieur en raison de la température de votre corps pour que l’humidité reste liquide, mais elle gèle à l’extérieur.

Cela conduit à deux problèmes de masque, selon le médecin : ils rendent la respiration plus difficile et deviennent moins efficaces pour capturer les gouttelettes respiratoires et les empêcher de quitter la proximité de la bouche et du nez de quelqu’un.

Cependant, cela ne veut pas dire qu’ils sont complètement inutiles, selon le Dr Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital Saint-Joseph de Hamilton et professeur agrégé à l’Université McMaster.Un homme porte un masque pendant qu'il neige.

Porter un masque par temps froid peut le rendre moins efficace.

PHOTO : RADIO-CANADA / MATHIEU THÉRIAULT

Les masques offrent un peu plus de [protection], en particulier dans les environnements où les gens sont regroupés à l’extérieur, où il peut y avoir un peu plus de risque de transmission.

Pour le Dr Oughton, si vous portez un masque à l’extérieur dans le froid pendant une longue période, vous devriez avoir deux ou trois couvre-visages de rechange pour pouvoir en garder un au sec.

Assurez-vous que le masque est en tissu. Ceux en papier — de style chirurgical — se dégradent et se déchirent beaucoup plus facilement lorsqu’ils sont mouillés, selon lui.

Avez-vous vraiment besoin d’un masque dans le froid?

Cela dépend des circonstances.

Être à l’extérieur tout en observant les mesures de distance appropriées est vraiment, vraiment protecteur en soi, selon le Dr Chagla.

Les cas documentés de transmission de la COVID-19 dans un cadre extérieur ont fait état de situations où des personnes mangeaient des grillades ou regardaient un événement sportif tout en étant rassemblées pendant de longues périodes.

Pour des activités comme faire une promenade dans votre quartier ou patiner sur une patinoire pas trop achalandée, le risque de transmission est très faible, continue-t-il.

Mais si vous entrez et sortez des magasins, ou que vous utilisez les transports en commun tout en faisant des courses, il est préférable de garder le masque tout le temps pour minimiser le contact entre le masque et la contamination potentielle.Deux personnes marchent sous la neige avec des sacs de magasinage à Toronto le 22 novembre 2020. L'une d'elles est coiffée d'une tuque de Noël.

Des gens font des achats.

PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / CARLOS OSORIO

Le conseil est le même si vous prévoyez de vous réunir pendant les vacances pour un échange de cadeaux en plein air ou une courte visite, selon les restrictions sanitaires en vigueur au sujet des rassemblements extérieurs.

Si vous pouvez maintenir la distance, il ne devrait pas y avoir de risque tant que vous ne mangez, buvez ou chantez pas ensemble, soit des activités qui engendrent plus de gouttelettes dans l’air.

Si vous voulez vous rapprocher, pour échanger des cadeaux par exemple, mieux vaut mettre un masque.

Une écharpe peut-elle remplacer le masque?

Les experts médicaux soulignent qu’il y a trop de variations dans les écharpes et les cache-cou pour qu’ils puissent être utilisés comme masques. Les coutures peuvent être trop lâches et le matériau trop fin pour constituer une barrière efficace contre les gouttelettes potentiellement infectées, qu’elles soient inspirées ou expirées.

Mais les deux médecins conviennent que mettre un foulard par-dessus le masque pourrait empêcher celui-ci de geler, ce qui serait alors plus confortable pour la personne qui le porte.

Comment réagir à un nez qui coule lorsque vous portez un masque?

Malheureusement, les gens ont tendance à retirer ou à mettre de côté leur masque lorsqu’ils éternuent ou toussent, ce qui va à l’encontre de la finalité du couvre-visage, affirme le Dr Chagla.

C’est horrible d’éternuer avec un masque, convient-il. Alors, mieux vaut vous assurer de vous trouver dans une zone éloignée des gens si vous voulez éternuer ou même vous moucher, car c’est l’un des meilleurs moyens de propager l’infection.

Et soyez prudent lorsque vous écartez votre masque pour vous moucher. Veillez à éviter tout contact entre le couvre-visage et la muqueuse, disent les deux médecins, et après vous être mouché, désinfectez vos mains avant de remettre votre masque.

Avec tous ces problèmes liés aux masques, est-il préférable de rester à l’intérieur cet hiver?

Non, au contraire.

Le Dr Chagla cite des éléments, tels que la mauvaise ventilation, les pièces achalandées, les gens qui sont réunis pendant de longues périodes, mangent et boivent ensemble, comme des facteurs de risque.

Pour lui, cette année, les gens vont devoir changer leur façon de penser aux contacts sociaux s’ils ne veulent pas rester coincés pendant des mois avec les personnes avec lesquelles ils vivent ou n’avoir que des rencontres virtuelles.

Je pense que nous devons commencer à changer nos attitudes et à dire que le plein air sera la solution. Nous devons simplement faire en sorte que les gens le fassent.

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