Pfizer affirme que l’efficacité du vaccin a diminué avec le temps

Revenons désormais sur la nouvelle déclaration de Pfizer au sujet de la diminution de l’efficacité de leurs vaccins au fil du temps. Récemment a eu lieu une réunion cruciale de la FDA au cours de laquelle un groupe d’experts a débattu puis voté sur l’opportunité de recommander les injections de rappel au reste du pays. Pfizer a fait valoir l’argument selon lequel les injections de rappel devraient en fait être encouragées. En effet, lors d’une présentation au début de la semaine passée, Pfizer a reconnu que des nouvelles données provenant d’Israël et des Etats-Unis suggéraient que l’efficacité de son vaccin diminuait avec le temps.

L’entreprise a affirmé que les rappels étaient le moyen de contrer ce phénomène, car ils sont efficaces pour lutter contre les nouvelles variantes du virus. Voici précisément ce que Pfizer a déclaré lors d’une présentation. Les données du monde réel provenant d’Israël et des Etats-Unis suggèrent que les taux de percées infectieuses augmentent plus rapidement chez les personnes qui ont été vaccinées plus tôt dans les campagnes de vaccination par rapport à celles qui ont été vaccinées plus récemment. En outre, au cours de cette même présentation, Pfizer a imputé cette baisse d’efficacité du vaccin à la nouvelle variante Delta.  

Voici ce que disait leur présentation. La diminution de l’efficacité du vaccin contre les infections de Covid-19 est principalement due à l’affaiblissement des réponses immunitaires vaccinales au fil du temps plutôt qu’au fait que la variante delta échappe à la protection vaccinale. Plus précisément, dans cette présentation, Pfizer a cité une nouvelle étude de Kaiser Permanente, qui est une société de soins de santé. Et cette étude suggère que la protection contre la Covid-19 a chuté de manière significative. Selon cette étude, l’efficacité du vaccin pour ceux qui ont reçu les deux doses du vaccin est passée de 88% le premier mois à 47% après cinq mois.  

Par conséquent, selon cette présentation Pfizer affirme que les injections de rappel devraient être administrées à toutes les personnes âgées de 16 ans et plus et qu’elles devraient être administrées six mois après que la personne a reçu sa deuxième dose de vaccin. Cependant, cette idée n’est pas acceptée par tous. Par exemple, un groupe de scientifiques, dont des représentants de la FDA et de l’OMS, a récemment publié un article dans le Lancet, le journal médical mettant en garde contre l’autorisation des injections de rappel pour la population générale.  

Voici ce qui est dit dans cet article. Les données actuelles ne semblent pas montrer la nécessité d’un rappel dans la population générale dans laquelle l’efficacité contre les maladies graves reste élevée, même s’il était finalement démontré que le rappel diminue le risque à moyen terme de maladies graves. Les stocks actuels de vaccins pourraient sauver plus de vies s’ils étaient utilisés dans des populations précédemment non vaccinées.  

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