Vers une pénurie de médicaments?

Après les masques, des hôpitaux s’inquiètent de manquer de certains médicaments en raison de la pandémie de COVID-19.

«Probablement en lien avec la pandémie de COVID-19, plusieurs médicaments sont présentement en rupture d’inventaires», indique le mémo.    

On indique que les distributeurs de médicaments filtrent les commandes pour que les médicaments jugés critiques soient répartis équitablement. Le ministère de la Santé a également demandé un portrait des inventaires à chaque établissement.    

Le ministère de la Santé du Québec dit surveiller la situation de près. «Tous les médicaments nécessaires aux traitements des patients aux soins intensifs sont actuellement en grande demande.    

Cette demande forte crée de la pression sur les inventaires. Il s’agit particulièrement de médicaments nécessaires pour la sédation des patients (ex. curares, propofol, etc). Tous les pays sont confrontés à cette réalité.    

Le MSSS travaille actuellement avec les fournisseurs pour trouver des solutions. Des échanges ont aussi cours avec les autres provinces et le fédéral», indique le porte-parole, Robert Maranda.   

Déjà des ruptures  

Certains produits comme la chloroquine et l’hydroxychloroquine qui sont utilisés sur des patients atteints de la forme grave de la COVID-19 sont déjà en rupture de stock. Des personnes qui en prenaient pour traiter leur arthrite rhumatoïde se sont fait dire qu’ils ne pourraient plus en avoir pour le moment (voir autre texte).    

L’enjeu de l’approvisionnement fait l’objet d’un suivi serré par le gouvernement fédéral. Des réunions à ce sujet ont eu lieu plus tôt cette semaine.    

L’un des problèmes vient du fait que l’Inde, l’un des principaux fournisseurs de matière première pour les médicaments est durement frappé par la pandémie et des mesures sévères de confinement ont été mises en place.    

L’Inde a également imposé des restrictions d’exportation sur 26 ingrédients actifs utilisés dans la fabrication des médicaments. L’acheminement jusqu’au Canada est aussi un défi alors qu’il manque de personnel, de conteneurs et même de vols d’avion commerciaux dans lesquels ils sont habituellement transportés.    

«On s’est rendus vulnérable à cause de notre dépendance envers l’Inde et la Chine», indique Pierre Morin, directeur général adjoint du Groupement provincial de l’industrie du médicament.    

Pas de pénurie en pharmacie  

Le président de l’Ordre des pharmaciens, Bertrand Bolduc, se veut toutefois rassurant. Les pharmacies dans les villes et villages du Québec ne vivent pas de rupture de stocks importants.    

«À part tout ce qui est respiratoire, le reste est sous contrôle», dit-il en faisant allusion notamment au Flovent qui est utilisé pour le traitement de l’asthme. Des patients aux prises avec le coronavirus se sont vus prescrire ce médicament.    

Il existe toutefois des produits de substitution, précise le président. Malgré tout, pour s’assurer de garder des inventaires bien garnis, les pharmaciens ont reçu le mot d’ordre de ne pas renouveler les médicaments pour plus d’un mois.    

«Il y a deux semaines, il y a eu une vague de gens qui voulaient renouveler rapidement, mais depuis, c’est revenu à la normale», précise-t-il.

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