Québec songe à nationaliser les CHSLD

Une nationalisation des CHSLD ?

Le premier ministre du Québec a levé les yeux au ciel lorsque la possibilité qu’Ottawa place les CHSLD sous l’égide de la Loi canadienne sur la santé a été évoquée en point de presse. « Quand le système de santé a été mis en place, le fédéral en finançait 50 %. Aujourd’hui, il en finance seulement 23 %, donc si j’ai une demande à faire à [Justin] Trudeau, c’est qu’il revienne à 50 % », a-t-il lancé. « Nous autres, on va s’occuper de gérer le réseau. »

François Legault a par ailleurs dit étudier sérieusement la possibilité de nationaliser les CHSLD. « On a des personnes fragiles, qui ont besoin de soins. Au Québec, les soins, c’est un système public, donc est-ce que tous les CHSLD devraient être publics ? Je n’exclus pas ça », a-t-il dit. Québec est « en train de regarder quand les contrats » de certains CHSLD conventionnés se terminent, a-t-il ajouté.

Face à la situation dans les CHSLD, Québec espère aussi lancer les chantiers de ses maisons des aînés plus tôt que prévu, et le premier ministre a lancé un appel en ce sens à son collègue au Trésor, Christian Dubé. « Les gens sont trop tassés dans les CHSLD », a dit le chef du gouvernement.
La Coalition avenir Québec disait jusqu’ici souhaiter ouvrir 2600 nouvelles places en maisons des aînés ou en maisons alternatives d’ici la fin de 2022.

Une « déprogrammation » pour lancer le déconfinement

François Legault, a une fois de plus préparé les esprits vendredi à une déconfinement progressif des Québécois. « On ne peut pas attendre un vaccin », car l’arrivée de celui-ci pourrait prendre « 6, 12, 18 ou 24 mois » pour arriver, a-t-il énuméré.
« On a besoin que le Québec renaisse, on a besoin que la vie normale reprenne, on a besoin de nos amis, de tranquillement, en étant prudent, recommencer la vie en société », a-t-il ajouté.
En se disant « victime de son succès » et de la bonne discipline des Québécois, François Legault a dit être conscient du travail de « déprogrammation » qui attend ses équipes, afin de convaincre la population de mettre le nez dehors. « En ressortant graduellement, on va être capable de garder la situation sous contrôle », a-t-il insisté.
Mais attention : le « souper du dimanche soir avec grand-papa, grand-maman » et « le bon rôti de bœuf », ce n’est pas pour demain, a ajouté le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda. D’où le « dosage » dont il estime faire preuve, en ouvrant progressivement des secteurs d’activités, avec des personnes qui ne sont pas nécessairement à risque », comme les enfants.
Le port du masque sera aussi « fortement recommandé », notamment dans les transports en commun.

Des renforts (encore) recherchés

Dans une énième tentative d’attirer des renforts dans les CHSLD — où « le feu a pris comme dans le foin », selon le premier ministre —, François Legault s’est attelé à détailler les salaires qui seront offerts aux personnes qui viendront y prêter main-forte.
« Toutes les personnes, même celles qui ne sont pas qualifiées » gagneront le salaire des aides de service, incluant les primes.

Cela équivaut à « 21,28 $ l’heure, 777 $ par semaine, 3368 $ par mois », a énuméré le chef du gouvernement, dans une tentative apparente de faire contraste avec les montants mensuels de 2000 $ qui ont été réservés par le gouvernement fédéral pour les travailleurs qui se retrouvent sans emploi.
En outre, Québec ne cherche plus des travailleurs qualifiés et à temps plein, comme il le faisait jusqu’ici. Il fera un autre tour de roue pour éplucher les candidatures soumises sur le site Je contribue !
Au début, on avait besoin « d’expertise », a dit la ministre de la Santé, Danielle McCann. « Là, on a besoin de bras. »

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