Près de la moitié des Québécois infectés par la COVID-19

Près de la moitié des Québécois auraient été infectés par la COVID-19 depuis le début de la pandémie, selon le directeur national de santé publique par intérim, Luc Boileau.

Faisant le point sur la situation pandémique, mercredi à Montréal, le docteur Boileau a précisé que selon toutes les données disponibles, la cinquième vague, celle d’Omicron, a infecté à elle seule entre 2 et 2,5 millions de Québécois, soit autant que toutes les vagues précédentes mises ensemble.

«En toute probabilité, il y a environ 25 % de la population qui aurait été infectée récemment et si on ajoute ceux qui ont été infectés au cours des quatre vagues précédentes, on dépasse le 40 % sûrement et on s’approche du 50 % sinon on y touche, de gens qui auraient infectés par le Sars-COVID-19.»

Luc Boileau a toutefois averti que «la situation est sérieuse, elle est toujours fragile», mais qu’en même temps, les constats du côté des hospitalisations sont encourageants.

À ses côtés, la docteure Marie-France Raynault, conseillère médicale stratégique au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), a ainsi expliqué que «dans les pays qui nous ont précédés, il y a effectivement un raccourcissement de la durée d’hospitalisation. On voit actuellement chez nous un « turnover » un peu plus rapide qui nous permet d’espérer que même si on a une hausse des hospitalisations incidentes à cause des relâchements récents, qu’on pourrait quand même avoir une stabilisation des hospitalisations.»

Cependant, les projections de l’Institut national de santé publique (INSPQ) laissent toujours entrevoir une hausse des hospitalisations, a rappelé le docteur Boileau, ajoutant que les signes pointent déjà dans cette direction. «Il y a un ralentissement de la baisse des hospitalisations. On n’est pas dans un scénario actuellement où ça monte, mais on anticipe que ça peut monter», a-t-il dit, tout en affirmant qu’«on anticipe qu’on sera capable de le maîtriser».

«On n’est plus en guerre»

Mais surtout, a-t-il dit, «on n’est plus en guerre avec les grandes batailles comme on a connues récemment, pour traverser ces périodes difficiles. Il faut apprendre à vivre avec le virus et on peut opter pour une vie plus normale.»

Interrogé sur les deux grandes mesures sanitaires qui vont rester en place après le 14 mars, date de la levée des dernières restrictions du côté des activités publiques, soit le port du masque et le passeport vaccinal, le directeur de la santé publique n’a pas voulu s’avancer. Les manifestants qui se sont présentés à Québec, le week-end dernier, affirment déjà vouloir faire du passeport et du masque leur prochain cheval de bataille.

«Pour l’instant, notre avenir, nous, c’est jusqu’au 14 mars. On veut se rendre là avec le calendrier de mesures qu’il y a là. À l’intérieur de celui-ci on prévoit maintenir le port du masque et le passeport vaccinal. Après? On verra.»

Points de mire: hospitalisations et Omicron BA.2

«On est au point d’inflexion. C’est en ce moment qu’on va voir si (les hospitalisations vont) se mettre à remonter, mais nos calculs nous montrent que le nombre de personnes qui ont été infectées est probablement suffisamment important pour dire qu’on a une voie de passage», a-t-il dit, ajoutant cette voie de passage est aussi soutenue par le nombre de personnes qui ont été chercher leur dose de rappel, notamment les personnes plus à risque.

Quant au sous variant Omicron BA.2, qui est maintenant présent au Québec, la santé publique le surveille attentivement. Le microbiologiste Jean Longtin, expert clinique au MSSS qui participait également à la conférence de presse, a toutefois expliqué qu’on ne le redoute pas davantage que la souche BA.1, même si le BA.2 est «probablement autour de 30 % plus transmissible. La bonne nouvelle évidemment, c’est que le BA.2 n’est pas plus dangereux que l’Omicron standard». 

Le docteur Longtin a aussi indiqué que les personnes infectées durant la cinquième vague n’ont vraisemblablement pas à s’en inquiéter. «Au niveau mondial, on n’a aucun signal qui montre que quelqu’un qui a fait le BA.1 peut attraper le BA.2.»

Des décisions de santé publique

On a par ailleurs pu apprendre que c’est bien la santé publique qui a préparé le déconfinement progressif jusqu’au 14 mars et non le gouvernement, qui aurait ensuite cherché à le faire approuver. «On a construit un scénario en tenant compte de tous les aspects, on l’a travaillé, on l’a présenté aux autorités gouvernementales, au premier ministre, au ministre de la Santé et à toute l’équipe et on a pu discuter du réalisme de ça, de la faisabilité», a raconté le docteur Boileau.

Du même souffle, il a expliqué que les considérations sociales et, donc, politiques, ont fait partie de l’analyse, notamment la grogne populaire. «Pour nous, c’est impératif de considérer les enjeux d’adhésion de la population aux mesures en place et on a entendu les demandes de tous les secteurs de la société.»

Il en a profité pour clairement établir où s’arrête le travail de la santé publique et où commence celui du pouvoir politique lorsqu’interrogé sur la levée potentielle de l’état d’urgence. «En toute vraisemblance, l’état d’urgence a été nécessaire puisque la situation l’exigeait et l’exige encore. Les mesures qui sont levées laissent présager, comme le disait le premier ministre, une ouverture de ce côté-là, mais je vais laisser le gouvernement choisir à quel moment il veut y aller.»

Le Dr Boileau a également déclaré que quatre millions de Québécois avaient obtenu une troisième dose du vaccin contre la COVID-19, dont un  million depuis le 1er janvier. De plus, avec la diminution des cas de COVID parmi les groupes ayant accès aux tests PCR dans les cliniques, ces cliniques sont désormais accessibles aux clientèles plus à risque, notamment les 70 ans et plus.

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