Une marionnette nommée Dr Arruda

«Si j’avais su aujourd’hui qu’on annoncerait ça, peut-être que je ne l’aurais pas fait.»

Voilà la réponse, désarmante de candeur, offerte par le directeur de la santé publique au journaliste l’interrogeant sur le relâchement des mesures sanitaires d’il y a quelques semaines. En d’autres termes: même si on avait su la débâcle actuelle, merci à Omicron, PEUT-ÊTRE que la stratégie employée aurait différé. 

Peut-être que oui, donc, mais peut-être que non. Et pourquoi, peut-être que non? Parce qu’à charge de faire de la peine à certains, le doc Arruda, malheureusement, ne décide rien. Ou si peu. Un pantin, en quelque sorte. Celui du gouvernement Legault, pour lequel il sert de seul vernis scientifique. Plate à dire, mais c’est ça.

On se souvient du ballon d’essai, au demeurant assez carré, lancé récemment par le premier ministre: 25 personnes à Noël! La date du ballon? Le… 29 novembre. En plein début de crise de transmission d’Omicron, déjà débarqué sur le territoire de la Nation. Le premier ministre tentant de convaincre de sa «docilité» envers les «directives» du docteur, un compromis à 20 convives est ensuite établi, malgré une crise a fortiori. 

Quelques jours auparavant, ô hasard, un nouveau sondage interne était commandé par le gouvernement Legault, histoire de connaître les préférences de son électorat quant aux festivités à venir. Rien de particulier ici, vous me direz, ce même gouvernement ayant dépensé davantage en sondages et publicités que l’ensemble de ses homologues provinciaux et fédéral, au cours des 18 derniers mois. 

Dur à croire que la manœuvre, subtile comme le yacht de Tony Accurso dans l’étang du parc Jarry, entretient encore sa part de dupes. Parce que le pattern est dorénavant indubitable: l’électoralisme à tout crin, et la science comme écran de fumée, écran tenu en main par le bon docteur. 

J’exagère? Les décisions lui reviennent, sérieusement? Alors comment expliquer que le ministre Roberge ait délibérément menti sur la houleuse question de la (non) aération des écoles, allant jusqu’à prétendre avoir reçu l’approbation préalable de la santé publique, prétention ensuite démentie par un Arruda poussé dans ses (derniers) retranchements par les médias? Quel ministre (sérieux) d’un gouvernement respectueux de son directeur oserait instrumentaliser ce dernier de la sorte? 

Comment expliquer que ce même directeur de la santé publique soit le seul au Canada ayant à partager le lutrin de ses conférences de presse avec le… politique? 

Comment expliquer ses regards constants vers Dubé avant pratiquement toute réponse offerte aux médias? 

Comment expliquer le retour du karaoké, vecteur de crachats par excellence, simultanément, ou presque, à l’arrivée d’Omicron? Une décision scientifique, le karaoké, vraiment? Comment expliquer aussi que le Québec soit la seule province à ne pas avoir déclaré les aérosols comme propagateurs d’exception du virus, sinon pour excuser l’absence de mesures afférentes dans nos écoles? 

Comment expliquer, au même effet, la saugrenue décision de faire retirer les masques en classe, sachant ce qui précède? Scientifique, ça aussi, ou parfaitement électoraliste? 

Comment expliquer l’écran de fumée, le millième, portant sur la nécessité de «bien se laver les mains», alors que la transmission de cette manière est à peu près inexistante?

Comment expliquer les décisions de type Avance Hercule, décriées par toutes les expertes sérieuses, notamment les Dre Liu, Machouf et Tam? 

Comment expliquer la sortie de Dr Arruda, jadis, contre le port obligatoire du masque, prétextant une absurde analyse du droit constitutionnel, alors que la justification, plate, résidait plutôt en l’incapacité du gouvernement de s’en procurer en temps réel?

Comment expliquer le maintien de l’ouverture des écoles à quelques jours de Noël, malgré plus de 4000 cas au quotidien, sinon qu’à titre de «parking» à enfants profitable à un certain électorat? 

Comment expliquer, après la catastrophe mortifère des CHSLD, le renouvellement du mandat du bon docteur par le gouvernement Legault?

Cessons d’être cyniques envers la politique! disent-ils souvent. On ne demande pas mieux.

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