Legault a sondé les Québécois sur la vaccination obligatoire

François Legault a sondé les Québécois sur la possibilité de rendre la vaccination obligatoire, une option pourtant rejetée publiquement par la Santé publique jusqu’ici.

C’est ce qu’on apprend à la lecture d’une longue série de questions posées dans des sondages commandés par le Conseil des ministres et portant sur l’adhésion aux mesures sanitaires, que nous avons pu consulter en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

«Dans quelle mesure seriez-vous d’accord que la vaccination contre la COVID-19 soit obligatoire pour l’ensemble de la population?» peut-on lire dans le document.

Les dates auxquelles ces questions ont été posées et les résultats des sondages ne font pas partie des informations rendues publiques par le gouvernement, pour l’instant.

Si Québec peut techniquement rendre la vaccination obligatoire, alors que beaucoup de jeunes adultes de 18 à 29 ans tardent à recevoir leur première dose, la Santé publique a toujours écarté cette possibilité.

«On a une loi, au Québec, qui permet une obligation de vacciner dans des circonstances exceptionnelles de crise sanitaire. Je tiens à vous dire qu’on ne l’a jamais utilisée et que ce n’est pas du tout dans nos cartons», a déclaré le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, en novembre dernier.  

Passeport vaccinal

Ces sondages ont aussi permis d’interroger les Québécois sur la possibilité de «rendre obligatoire la présentation d’un passeport vaccinal ou d’une preuve vaccinale afin d’accéder à certains lieux ou de pratiquer certaines activités (par exemple: bars, spectacles, festivals)».

Pour l’instant, Québec s’était limité à dire que la preuve vaccinale servirait à voyager, mais le ministre de la Santé, Christian Dubé, a fait savoir lundi que certains privilèges seraient accordés aux personnes pleinement vaccinées advenant une augmentation des cas de contamination cet automne. Il doit donner plus de détails à ce sujet jeudi.

Comme le démontrent les questions obtenues par l’Agence QMI, l’appui à la majorité des mesures mises en place pour lutter contre la propagation de la COVID-19 a été testé dans ces sondages.

Fermer le métro?

Le gouvernement Legault a même interrogé les Québécois sur la possibilité d’instaurer certaines mesures qui n’ont jamais été appliquées. Par exemple, fermer le métro de Montréal, la SAQ, ou encore prolonger l’année scolaire de deux semaines pour que les élèves rattrapent le retard pris durant la pause du temps des Fêtes.

On a aussi cherché à savoir dans quelle mesure les Québécois appuient le projet de loi 61 sur la relance économique, finalement abandonné puis adopté sous une forme édulcorée.

Depuis son élection en 2018, le gouvernement Legault a commandé pour plus de 3 millions de dollars de sondages, en bonne partie pour évaluer l’adhésion de la population aux mesures sanitaires. À noter, ces sommes n’ont pas toutes été dépensées.

Le premier ministre François Legault ne s’en est jamais caché, mais Québec refusait de rendre disponibles les questions posées dans les sondages ou les réponses de la population, sous prétexte que les sondages étaient toujours en cours.

La série de questions rendue publique cette semaine a été posée dans le cadre d’un premier contrat accordé à la firme SOM au tout début de la pandémie, d’une valeur de 750 000$.

DES EXEMPLES DE QUESTIONS:          

  • Le gouvernement de François Legault devrait-il faire appel aux Forces armées canadiennes pour l’aider à freiner la propagation du coronavirus?     
  • Avez-vous personnellement l’intention de respecter l’obligation de porter le couvre-visage ou le masque dans les lieux publics fermés?     
  • Si les syndicats d’enseignants refusent d’accepter de prolonger l’année scolaire d’une ou deux semaines, seriez-vous d’accord pour que le gouvernement impose [une telle prolongation]?     
  • Trouvez-vous que le gouvernement de François Legault procède à un déconfinement trop rapide des différentes régions du Québec?         

Source

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