À boulets rouges sur le gouvernement Legault

Eh oui, « c’est effrayant ! » Bien sûr, « on n’en peut plus ! » « Au Québec, le gouvernement a perdu les pédales ! » Voilà ce qu’on entend partout. 

Aucune critique n’épargne le gouvernement. Comme si François Legault nous mentait à longueur de semaine. Comme si le premier ministre possède la science infuse qui lui permettrait de savoir à l’avance ce qui va se passer. Qu’il improvise alors qu’il devrait avoir un plan quinquennal pour vaincre la pandémie.

Les Québécois râleurs par tempérament collectif sont bien servis. Toutes les décisions politiques actuelles dictées par la situation sanitaire peuvent être discutables. À l’évidence, rien n’est assuré. Pire, on ne sait plus ce que demain sera.

J’observe que les personnes qui traversent le mieux cette période apeurante, admettons-le, et sans comparaison dans l’histoire moderne sont celles qui accordent leur confiance au gouvernement caquiste.

Responsable

François Legault nous rassure d’autant plus qu’il est lui-même habité par le doute. Il lui est arrivé au cours des mois de s’excuser, de prendre sur lui la responsabilité des dérapages divers dans le fonctionnement de la bureaucratie obèse qu’est la nôtre. La première vague a été tragique pour le Québec. Tout a été dit et admis au sujet du drame dans les CHSLD transformés en cimetières de vieux.

Le gouvernement contrôle mieux la deuxième vague. Regardons ce qui se passe actuellement en Colombie-Britannique, au Manitoba et même en Ontario.

Il faut être ignorant de ce qui se passe ailleurs pour blâmer avec virulence le gouvernement caquiste. Les Québécois braillards et enragés connaissent-ils la débâcle aux États-Unis, la catastrophe au Brésil, en Belgique, en Suisse, la résurgence du virus en Italie, en France, en Espagne et en Grande-Bretagne ?

Oui, la majorité des citoyens se conforme aux directives et se confine. Mais pourquoi les sacrifices que consentent tant de gens seraient-ils mis en péril par d’autres qui persistent à transgresser les interdits ?

Non, les jeunes ne sont pas les seuls à souffrir. Et ils devraient savoir qu’ils ont toute une vie pour rattraper ces mois pénibles, perdus, on en convient, et perturbants à l’évidence. Mais pour les plus âgés, les grands-parents par exemple, ces longs mois de coupure des autres s’inscrivent dans un décompte plus ou moins court de leur propre vie. 

Apaisement

Si encore la communication entre générations n’était pas si parasitée, la solidarité familiale, le respect des aînés, dépositaires de la mémoire collective, et l’intimité affective intergénérationnelle pourraient apaiser les uns et cajoler les autres.

Le gouvernement dirigé par François Legault se compare avantageusement dans sa gestion de la pandémie à bien d’autres, surtout en Europe. François Legault rêvait de transformer l’économie et il a hérité d’une pandémie qui entraîne une détérioration de la vie économique du Québec. Malgré cela, il demeure digne et garde le moral en dépit de l’épuisement. Il maintient son autorité et trouve encore les mots pour réconforter les Québécois. 

Soyons assurés qu’aucun dirigeant des partis d’opposition ne souhaiterait être à sa place actuellement. Ses erreurs, ses sélections dans le confinement sont discutables, mais on devrait lui épargner les crises de nerfs qui n’ont aucun autre effet que de nous désespérer tous.

Source

Recevez un sommaire des informations essentielles à retenir sur le coronavirus au Québec en vous abonnant à notre infolettre.