François Legault prépare des gestes radicaux

Tokyo – S’il parvient à prendre le pouvoir, François Legault posera «des gestes brutaux et radicaux» qui vont frapper la population de plein fouet, a prévenu aujourd’hui Jean Charest.

En visite au Japon, M. Charest a mis de côté le langage diplomatique propre aux rencontres avec des dirigeants étrangers pour livrer une charge à fond de train contre le leader de la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) qui trône au sommet des sondages.

En dévoilant son intention de diriger un parti politique pour la durée d’un seul mandat de gouvernement, François Legault a nécessairement «un agenda caché», a soutenu le premier ministre lors d’un point de presse à Tokyo.

«Ça veut dire qu’il se présente et qu’il va convaincre toute une équipe de parlementaires à le suivre dans des décisions tellement brutales et radicales qu’il ne cherchera pas à obtenir un deuxième mandat. Quelles sont ces décisions? Pourquoi un seul mandat?», a lancé M. Charest au terme d’une rencontre avec le secrétaire général du Groupe interparlementaire Canada-Japon, Yoshitaka Murata.

De l’avis du premier ministre, l’ancien ténor péquiste veut appliquer des politiques inavouables et c’est la raison pour laquelle il renonce d’emblée à conserver le pouvoir pour plus d’un mandat de cinq ans.

«Un politicien qui se lance dans la mêlée pour un seul mandat a des raisons: des décisions tellement brutales, radicales et contraires à ce que les gens veulent qu’il ne peut même pas imaginer faire un deuxième mandat», a-t-il analysé.

Après des mois de bavardage sur les lignes de côté, le cofondateur de la CAQ doit mettre cartes sur table et annoncer enfin aux citoyens ses réelles intentions, a martelé M. Charest.

Les Québécois ont vraiment intérêt à savoir ce François Legault prépare.

En outre, le chef libéral accuse l’ancien ministre péquiste d’occulter des coupes massives pour financer des dépenses de milliards de dollars.

«Les Québécois ont vraiment intérêt à savoir ce qu’il prépare. C’est quoi l’agenda caché?», a-t-il soulevé.

Le premier ministre a refusé de spéculer sur les gestes que pourrait poser le leader de la CAQ une fois au pouvoir.

Cependant, il a rappelé que François Legault a servi un gouvernement qui a sabré sans retenue dans les réseaux de la santé et de l’éducation à la fin des années 1990.

«On a raison de soupçonner le pire. N’oubliez pas qu’il a été dans un gouvernement qui a démoli le système de santé et qui a posé des gestes très négatifs pour le système d’éducation avec des coupes. Il a lui-même admis que c’était des erreurs. Il prépare quoi? Il ne peut pas dire simplement qu’il va être là pour cinq ans», a-t-il estimé.

Le chef du gouvernement va même jusqu’à soupçonner l’ancien péquiste de préparer la souveraineté du Québec en catimini, en dépit de son engagement à mettre cette question en veilleuse pour au moins 10 ans.

François Legault demeure un souverainiste et ses promesses n’y changent rien, selon le premier ministre.

À tout le moins, M. Legault a révélé son désir de former un parti politique, mettant ainsi fin à un «jeu du chat et de la souris» qui avait trop longtemps duré, a déclaré M. Charest.

«On franchit une nouvelle étape. On savait tous que c’était un jeu son affaire, que c’était une fiction. Il essayait de nous faire croire qu’il ne formait pas un parti politique alors qu’il le faisait. Finalement, il l’a avoué», a-t-il dit.

Après une visite de Mitsubishi Motors où il a pris le volant d’une voiture électrique, le premier ministre québécois a quitté la capitale japonaise en fin de journée pour se rendre à Kyoto où il aura un entretien demain avec le gouverneur de la préfecture, Keiji Yamada.

Il quittera ensuite le Japon pour prendre la tête d’une mission commerciale de près d’une semaine en Chine à compter du 28 août. Une cinquantaine de représentants d’entreprises et d’institutions accompagneront M. Charest au cours de ce périple.

Source

Recevez un sommaire des informations essentielles à retenir sur le coronavirus au Québec en vous abonnant à notre infolettre.