Donald Trump demande à la FDA d’autoriser promptement deux traitements contre la COVID-19

Le président Donald Trump s’est adressé à la population des États-Unis dans une vidéo publiée sur Twitter mercredi en début de soirée pour vanter un traitement contre la COVID-19 qu’il a reçu lors de son hospitalisation et pour annoncer son intention de le rendre disponible à grande échelle.

Hier, le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) a annoncé son intention de maintenir des critères plus stricts que ceux proposés par la Maison-Blanche pour l’approbation de tout futur vaccin contre la COVID-19, mais le président Trump estime qu’il pourra tout de même rendre un traitement accessible avant le 3 novembre.

Il a demandé l’autorisation d’urgence, par la FDA, de deux traitements expérimentaux consistant à administrer des cocktails d’anticorps antiviraux, dont celui qu’il a reçu, développé par l’entreprise Regeneron. Le second, un traitement très similaire, fait depuis mercredi matin l’objet d’une demande d’autorisation d’urgence déposée par la pharmaceutique Eli Lilly.

J’ai passé quatre jours [à l’hôpital]. Je ne me sentais pas très bien et ils m’ont donné du Regeneron. Ils m’ont donné autre chose aussi, mais je crois que ç’a été la clé, a expliqué le président Trump dans la vidéo d’un peu moins de cinq minutes. C’était incroyable. Je me suis senti mieux tout de suite.

C’était comme une bénédiction divine, a-t-il relaté, expliquant que d’avoir attrapé la COVID-19 lui a permis – peut-être par la grâce de Dieu – de prendre connaissance de l’efficacité de ce type de traitement.

Plus important que le vaccin qui se fait attendre

Alors qu’un vaccin aide le corps à produire ses propres anticorps, les cocktails d’anticorps sont des injections directes d’anticorps pour lutter contre le virus. Ces anticorps ne se répliquent pas et ce type traitement est considéré comme thérapeutique, car il n’offre pas de protection à long terme.

Des traitements du genre contre l’hépatite A, par exemple, ne sont efficaces que pour environ deux semaines. Cela dépend de la durée de vie des anticorps, qui serait relativement courte en ce qui concerne la COVID-19.

Cette efficacité d’une durée incertaine n’inquiète pas Donald Trump, qui estime que les autorisations demandées à la FDA doivent être signées dès maintenant.

C’est beaucoup plus important pour moi que le vaccin, a-t-il insisté tout en promettant que ces traitements seraient offerts gratuitement aux personnes hospitalisées avec la COVID-19. On essaie de s’en procurer, a indiqué le président, affirmant que son gouvernement était prêt à mettre la main sur des centaines de milliers de doses presque prêtes.

Donald Trump a par ailleurs profité de son intervention pour répéter que l’impossibilité de faire autoriser un vaccin avant le 3 novembre était le fruit de jeux politiques, sans fournir davantage de détails. C’est bon, ils veulent jouer leur jeu, mais [un vaccin] sera [disponible] juste après l’élection, a-t-il assuré.

Une entreprise bien connue du président

Le grand patron de Regeneron, Leonard Schleifer, avait indiqué vendredi dernier dans des entrevues accordées à des médias américains que c’était l’équipe de Donald Trump qui avait demandé l’utilisation du traitement développé par son entreprise, dont le président est un ancien actionnaire. Actions dont la valeur a d’ailleurs bondi ces derniers jours.

Regeneron est impliquée dans l’Operation Warp Speed, le plan d’action de la Maison-Blanche pour produire et distribuer rapidement un traitement contre la COVID-19. M. Schleifer a notamment pris part à des réunions stratégiques en haut lieu ces derniers mois et son entreprise a reçu en juillet une aide gouvernementale de 450 millions de dollars américains pour le développement de son traitement.

L’homme d’affaires est qui plus est une connaissance de longue date du président Trump, à titre de membre de son club de golf de Westchester, dans l’État de New York. Les deux hommes n’ont pas eu de contacts réguliers jusqu’à cette année, où ils ont discuté à l’occasion de questions concernant COVID, a déclaré le service des communications de Regeneron, lorsqu’interrogé par une équipe de CNN.

La pharmaceutique Eli Lilly a elle aussi ses entrées à Washington. Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar, est un ancien lobbyiste et haut dirigeant de l’entreprise. M. Azar avait travaillé pour l’administration Bush avant d’être recruté en 2007 par la pharmaceutique puis de refaire le saut en politique avec l’administration Trump, 10 ans plus tard.

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