Deuxième vague : le trauma pourrait être pire dans la population

Des milliers d’emplois perdus, des difficultés financières, de l’isolement, du stress, des séparations; les six derniers mois marqués au fer rouge par la pandémie de COVID-19 ont fait de sérieux dégâts sur la santé psychologique de la population, et il faut y voir rapidement.

En entrevue avec Mario Dumont, la Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, insiste : de nombreuses études rapportent une augmentation de l’anxiété, mais aussi de la dépression. 

«Cliniquement, on s’attendait à ce qu’il y ait une augmentation des éléments anxieux et dépressifs, qui sont des phénomènes relativement normaux compte-tenu de la période qu’on a traversée et des difficultés causés à la majorité des gens», explique-t-elle. 

La recherche sur la santé mentale en période de COVID est toujours en cours, tout comme la pandémie. Un véritable choc a frappé la population, et ce, de façon collective. 

Alors qu’au printemps dernier, une certaine solidarité se faisait ressentir et que l’hiver se terminait, le scénario de la deuxième vague, déjà entamé est moins resplendissant. 

Les journées raccourcissent, la solidarité s’estompe, certains sont plus individualistes, les consignes sont moins respectées, des éléments qui n’augurent rien de bon pour la deuxième vague. 

«On est plus inquiets de la deuxième vague [pour toutes ces raisons]. Il y a une accumulation. Au départ, quand les gens ont été en choc, et se sont adaptés. On était plus en adaptation qu’en transformation. On ne savait pas combien de temps ça allait durer. On a été très solidaires, on comprenait les choses à peu près de la même façon. Là, on a eu l’été pour s’en remettre un peu, mais il ne faudrait pas penser que la population s’en est remis», soutient la psychologue. 

Mme Grou explique que la mémoire affective des individus est imprégnée du trauma du printemps dernier, et ce que ce trauma va se réactiver. 

«Je ne veux pas être alarmistes, mais ce que je veux dire, c’est que la réaction qu’on va avoir pour la deuxième vague, et à fortiori si on doit se reconfiner, elle risque d’être pire que la première. En plus on s’en va vers l’hiver, qui est plus difficile pour beaucoup de gens», juge-t-elle. 

Elle croit que la population a récupéré, s’en est remise au cours des dernières semaines, mais pas suffisamment. 

«Il va falloir traiter préventivement et activement la santé mentale de la population», conclut-elle. 

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