Un premier décès lié au coronavirus au Québec.

Le nouveau coronavirus a fait un premier mort au Québec, une personne âgée de la région de Lanaudière qui a côtoyé une personne de retour de l’étranger, s’est désolé le premier ministre François Legault.

« Si on avait besoin d’une preuve de la gravité de la situation, on en a une », a-t-il déclaré, le ton grave, lors d’un point de presse sur la colline Parlementaire, mercredi après-midi.

« La bataille va être dure. La bataille va être longue », a-t-il ajouté, préparant les consciences à d’autres pertes humaines.

Tout comme le premier ministre, les autres chefs des partis politiques Pierre Arcand, Manon Massé et Pascal Bérubé ont tour à tour offert leurs condoléances aux proches de la première victime québécoise de la pandémie de COVID-19.

La résidence pour personnes âgées, dans laquelle la dame logeait, a pris les mesures nécessaires pour stopper la propagation du coronavirus, a indiqué M. Legault en point de presse.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a expliqué que la victime « avait des facteurs de risque importants » avant d’avoir « eu une exposition à quelqu’un qui revenait de voyage ». L’équipe de la Santé publique s’est affairée au cours des derniers jours à retrouver ce dernier ainsi que toutes les autres personnes ayant été en contact avec elle.

Le sous-ministre adjoint a cru bon d’interpeller, une nouvelle fois, les gens qui sont récemment rentrés de l’étranger. « Même si vous pensez que vous ne l’avez pas, c’est très important de s’auto-isoler. Si jamais vous avez des symptômes, allez consulter. N’allez pas contaminer nos personnes à risque. On ne le répétera pas assez », a-t-il lancé.

Selon les informations disponibles au moment d’écrire ces lignes, 94 Québécois souffrent de la COVID-19. Six personnes étaient hospitalisées mercredi après-midi, dont quatre aux soins intensifs en raison de la gravité de leur situation.

Par ailleurs, 3600 personnes étaient en cours d’examen. Environ 5200 individus qui ont subi un test au cours des derniers jours ont pour leur part obtenu un résultat négatif.

Le Dr Arruda refuse de dire que le Québec connaît une « transmission communautaire soutenue ».

Le réseau de la santé est sur le pied de guerre. Les centres hospitaliers comptent 2300 lits disponibles, après avoir retardé des chirurgies non urgentes. « On pourrait délester jusqu’à 6000 lits pour accueillir les personnes qui auraient éventuellement le coronavirus. Donc, je veux vous dire : on a la capacité en lits. On a toute la capacité aussi en équipements pour les prochains jours, les prochaines semaines », a souligné M. Legault en conférence de presse. « Merci à nos anges gardiens. Ils sont là. […] Ils sont prêts », a-t-il assuré à la population.

Ratés à Info-Santé

Le chef du gouvernement a reconnu que la ligne Info-Santé était toujours engorgée mercredi. Il a promis que 450 infirmières seraient mobilisées à compter de mercredi et que 600 infirmières seraient à pied d’oeuvre jeudi « juste » pour répondre au 811.

En Montérégie, une femme atteinte de maladies pulmonaires chroniques a attendu pas moins de sept heures mardi soir pour s’entretenir avec une agente d’Info-Santé qui, après avoir répondu à une batterie de questions ― deux fois en raison d’ennuis techniques ― s’est vu donner un rendez-vous pour un test jeudi soir, à 25 km de son domicile.

LE COURRIER DU CORONAVIRUS

« Les cas qui nécessitent de parler avec une infirmière pour un test vont être transférés du 877 au 811. Donc, c’est important que tout le monde appelle le 1-877 [644-4545] », a annoncé M. Legault mercredi.

Convaincre avant de contraindre

M. Legault a aussi pris soin mercredi de réitérer sa demande d’éviter tout rassemblement ― « [y compris dans] tous les lieux de culte, c’est important de le préciser », a-t-il dit.

Le gouvernement du Québec continue de « convaincre » les Québécois de suivre les consignes de distanciation sociale. En cas d’échec, il pourrait les « contraindre » à le faire, a averti le Dr Arruda.

Enfin, le directeur national de santé publique s’est impatienté contre les Québécois masqués et gantés se pensant à l’abri du coronavirus. « Quand on porte des gants, qu’on a touché à tout, si on ne les enlève pas adéquatement, on se contamine. Les gants ne remplacent jamais le lavage de mains, même en unité de soins. Et on doit maintenir nos masques pour protéger les personnes malades [pour] les empêcher de contaminer d’autres et protéger nos travailleurs de la santé », a-t-il rappelé.

TERREBONNE ÉPARGNÉE, POUR L’INSTANT

La dame qui est morte des suites de la COVID-19 n’est pas une résidente du CHLSD de la Côte Boisée, où un membre du personnel avait récemment avait reçu un diagnostic d’infection au coronavirus, a confirmé au Devoir la directrice générale de l’établissement, Nadine Comeau. Cette personne était revenue d’un voyage en République dominicaine avant l’isolement obligatoire imposé par le gouvernement aux employés du réseau de la santé et des services sociaux. Aucun des résidents qui auraient pu avoir été en contact avec cette personne n’a reçu de test positif ni ne requiert d’isolement préventif, pour le moment.

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