COVID-19: d’autres régions risquent de passer au rouge

Avec un nouveau record de 1364 cas additionnels en 24 heures et 50 décès en seulement une semaine, il faut s’attendre à ce que d’autres régions passent au rouge, prévient le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui implore les Québécois de «rester chez eux».

«On pourrait penser qu’il va avoir d’autres régions en rouge», a signalé mardi le ministre de la Santé, en réagissant à l’un des pires bilans journaliers depuis le début de la pandémie. 

La Santé publique a rapporté mardi plus de 1300 nouveaux cas d’infection à la COVID-19. Le nombre d’hospitalisations a bondi de 10%, pour atteindre tout près de 400 personnes hospitalisées, soit 36 de plus par rapport à la veille.

Pour ce qui est des éclosions actives, on en dénombre maintenant 500 à travers la province. 

Une deuxième vague différente

«Là, ce n’est plus uniquement de la théorie», a constaté M. Dubé. Depuis le 1er septembre, 120 personnes sont décédées de la COVID-19 à travers la province, s’est-il inquiété, en pressant les Québécois de respecter les consignes.     

«On a encore la chance de la casser, la [deuxième] vague», a avancé le ministre. Mais pour ce faire, «les gens doivent rester chez eux», a-t-il insisté.

Contrairement à la première vague, la contamination communautaire est maintenant présente partout, et non plus concentrée à Montréal et dans les CHSLD, a expliqué M. Dubé. «Maintenant, c’est tout le Québec qui est affecté», a-t-il observé.

«Ce n’est pas juste à Montréal, c’est ici, à Québec, c’est en Gaspésie, c’est en Estrie», a-t-il ajouté, lors d’un bref point de presse avant la période des questions au Salon bleu.  

Legault en a assez du «chialage»

En Chambre, devant un tel bilan, la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a invité le gouvernement à «se ressaisir».

«Le temps des excuses est terminé. Les Québécois veulent avoir un pilote dans l’avion», a ajouté Mme Anglade.

«Qu’est-ce qu’elle aurait fait de différent? Elle n’est pas capable de nous donner une idée, une suggestion. Juste du chialage», a rétorqué le premier ministre, François Legault.

La députée libérale Marie Montpetit, qui n’a visiblement pas digéré le commentaire du premier ministre, ne s’est pas gênée pour répliquer, vers la fin de la période des questions.

«Je veux juste lui rappeler que tous les Québécois à l’heure actuelle, les experts, les parents, les familles, se posent les mêmes questions qu’on vient poser en cette Chambre», a déploré la députée de Maurice-Richard, en s’adressant à M. Legault.

«Ce qu’il dit, c’est que les Québécois sont des chialeux, puis ils chialent parce qu’ils posent ce genre de question là», a-t-elle ajouté.

Les partis d’opposition haussent le ton

Les autres partis d’opposition ont aussi durci le ton à l’Assemblée nationale. «La CAQ réalise qu’ils sont en train d’échapper la gestion de la deuxième vague», a dénoncé en début de journée le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

«Ils ne peuvent pas blâmer la semaine de relâche une deuxième fois», a ajouté le député de Gouin.PHOTO STEVENS LEBLANC

À l’instar du Parti québécois, M. Nadeau-Dubois a réitéré ses réticences envers l’application Alerte COVID, au point de refuser d’encourager les Québécois à la télécharger.

«Pour le moment, nous, on est sceptiques. […] Moi, je ne l’ai pas encore téléchargée», a-t-il avoué.

Pour sa part, le chef parlementaire péquiste, Pascal Bérubé, a dit plaider pour le «libre choix». 

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