Le coronavirus selon les pays.

« Le malheur des uns fait le bonheur des autres. » C’est Voltaire qui s’est exprimé ainsi dans Candide, au XVIIIe siècle. 

La nature humaine dans ses fourberies ne change guère depuis la nuit des temps. À preuve, promenez-vous sur les réseaux sociaux en ce temps de panique. Les produits désinfectants et les masques en rupture de stock dans la plupart de nos pays nous sont offerts à des prix à donner la nausée. 

En Inde, les protecteurs des vaches sacrées suggèrent aux hindous de se plonger dans des piscines remplies d’excréments et d’urine de vache pour éviter la contamination. Le gouvernement indien doit donc lutter contre ces croyances délirantes pour contrer le virus. 

Dans un registre plus politique, Xi Jinping, le président chinois proclamé à vie, a visité l’hôpital de Wuhan, ville d’où est partie l’épidémie. Il a presque crié victoire devant l’efficacité de sa gouvernance. Son premier ministre Li Keqiang a même affirmé que « la propagation de l’épidémie est pratiquement jugulée ». 

Le modèle chinois 

La Chine donc s’offre désormais en modèle à nos démocraties en stupeur alors que les mesures qu’elle a prises de confiner 56 millions de Chinois chez eux sont quasi impensables dans nos pays des droits de la personne. La dictature chinoise ne se gêne guère pour affirmer qu’elle a maté le virus. Pourtant, ce coronavirus s’est développé dans une partie du territoire où les pratiques d’hygiène féodales et les habitudes alimentaires plus que douteuses ne sont pas étrangères à l’apparition de ces saloperies. 

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Faut-il rappeler que le docteur Li Wenliang, le premier à alerter les autorités de Wuhan et qui est décédé du virus, avait été contraint de se taire. Le jeune médecin de 33 ans a été arrêté et accusé de diffuser des rumeurs à la fin de décembre. Sous la pression populaire, le gouvernement chinois a dû réhabiliter Li Wenliang, devenu un héros. 

Aux États-Unis, les porte-parole de la Maison-Blanche ne tarissent pas d’éloges à l’endroit du président Trump qui s’autocongratule pour son supposé leadership en la matière. Celui-ci a proféré la fausseté la plus bizarre en prétendant qu’il a un instinct naturel pour la science, donc qu’il comprend la pandémie, car son oncle était professeur au MIT ! 

Pendant ce temps, Fox News parle toujours des complots ourdis par les ennemis de Trump pour le faire destituer. La pandémie serait une supercherie (hoax). Le public de Fox News, composé de gens âgés, donc vulnérables devant le virus, adhère à ces thèses et n’est donc pas prêt à se laver les mains. 

Bienvenue au Canada 

Quant au premier ministre Trudeau, il a annoncé qu’une somme d’un milliard de dollars serait consacrée à lutter contre le virus. Pourtant, les avions d’Air China continuent d’atterrir au Canada avec leurs passagers peu importunés à la frontière. « Bienvenue au Canada » est une phrase fétiche de Justin Trudeau, peu enclin à irriter les Chinois qui détiennent deux Canadiens supposément espions. Il faut donc constater que la pandémie n’arrête pas la politique. En ce sens, les appels à la solidarité planétaire sont théoriques. 

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