Près de 8000 travailleurs de la santé toujours non vaccinés à Montréal

Il ne reste plus qu’un mois avant que les travailleurs de la santé non vaccinés ne se retrouvent suspendus sans solde. Le temps file, alors que 8 % des quelque 100 000 employés du réseau à Montréal refusent toujours d’être inoculés.

Les centres de santé de la métropole n’enregistrent – pour l’instant – aucune rupture de service, selon la représentante du réseau de la santé montréalais, Sonia Bélanger. Mais il manque déjà 2000 infirmières sur l’île et le système est « fragile ».

Les hospitalisations « s’accélèrent », a-t-elle détaillé en point de presse, précisant que 70 personnes ont présentement besoin de soins et 43 se trouvent aux soins intensifs en raison de la COVID-19. Environ 87 % de ces hospitalisations concernent des individus qui n’ont pas reçu leurs deux doses de vaccins.

Les effectifs pourraient venir à manquer pour traiter ces malades puisque seulement 92 % des travailleurs de la santé ont reçu au moins une dose jusqu’à présent. Les responsables tentent de joindre « de façon individuelle » tous les employés réfractaires, a insisté la directrice régionale de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin. « On veut tout faire pour ne pas arriver à des ruptures de service. »

Québec tente de prévoir le coup et annoncera « au cours des prochains jours » de nouveaux incitatifs pour recruter davantage d’infirmières. Mercredi matin, le premier ministre François Legault s’est dit « prêt à offrir les mêmes conditions » de travail que dans le secteur privé. Il a aussi ouvert la porte au retour des infirmières retraitées en leur permettant de continuer à recevoir leur pension en plus de leur salaire.

Deux syndicats du réseau de la santé exhortent le gouvernement à s’attaquer aux horaires des infirmières pour contrer l’exode des employés. Québec « doit maintenant se résigner à agir pour une meilleure conciliation travail-famille, pour mettre fin au temps supplémentaire obligatoire, pour contrer la surcharge de travail et pour agir sur l’instabilité des postes et des horaires », a réclamé par voie de communiqué Claire Montour, présidente de la Fédération de la Santé du Québec.

Point positif : la faible amplitude de cette quatrième vague permet un rattrapage dans les blocs opératoires. Près de 44 000 personnes attendent présentement pour une chirurgie, tandis qu’en juin dernier, ils étaient 46 000. « Ça va prendre plusieurs mois, peut-être même quelques années avant de rattraper ce retard », a toutefois reconnu Mme Bélanger.

La quatrième vague continue d’enfler au Québec bien que la courbe des infections ne soit pas exponentielle. Près de 80 % des infections dans la métropole sont maintenant liées au variant Delta. Dre Mylène Drouin s’est dite « malheureusement » incapable de prévoir le moment où le pic des contaminations sera atteint. Elle a quand même prévenu que « nous avons quelques mois encore devant nous avec des contaminations communautaires continues ».

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